MAURICE MOREL 马里斯.莫海尔 (1908-1991)

Qui connaît Maurice Morel (1908-1991), ami de Max Jacob, Blaise Cendrars, Eluard, Claudel, Léon Paul Fargue, Jean Paulhan, Jouhandeau, Francis Ponge, Raymond Queneau, André Malraux ? de Fernand Léger, Rouault, Bazaine, Picasso, Matisse, Jacques Villon, Léon Zack, Bonnard, Joan Miro, Chagall, Manessier, Brassaï ?  Christian Dior ?

Qui connaît l’abbé Morel, impeccable théoricien de l’art sacré, préfacier du Miserere de Rouault et des Méditations religieuses de Max Jacob, en révolte contre l’art sulpicien –qui fit entrer au Vatican des œuvres de Rouault, Manessier, Bazaine, Villon ? « Une peinture n’est pas religieuse par son sujet ou sa technique, mais par son esprit » ( M. Morel, « Pour un art religieux », 1946)

Qui connaît Morel, organisateur avec Lucie Krogh en 1933 de l’exposition « Art moderne d’inspiration religieuse », à laquelle participèrent Derain, Foujita, Rouault et Picasso ? Morel, qui dirigea avant-guerre un atelier de peinture avec Jean Bazaine ?

Qui connaît Morel, le conférencier hors pair qui, en 1946, dans le Grand
Amphithéâtre de la Sorbonne bondé, affirma que  Picasso est le continuateur direct des sculpteurs et miniaturistes du Moyen-Age ?
(L’affiche, dessinée par Victor Brauner, annonçait plaisamment que « L’Abbé Picasso parlera du peintre Morel »).

Qui connaît le peintre Morel, dont le catalogue de la première exposition, en 1963, fut longuement préfacé par Jean Cassou, Conservateur en chef du Musée National d’Art Moderne de Paris ? « Avec lui, on peut s’entendre, il est du bâtiment », disait Léger à son sujet.

Dès le début des années 50, Morel partagea son temps entre son activité de critique d’art et son oeuvre de peintre. Méditatives, intérieures, humbles, sensibles, abstraites (« L’art le plus abstrait est  le plus concret », écrit-il), ses compositions, peintes sur des papiers de récupération (réclames, emballages, cartons d’invitation, etc…), presque toujours de petit format, évoquent par leur maîtrise parfaite de la couleur (camaïeux aux tonalités tantôt sourdes, tantôt acides) et de leur mouvement l’art du vitrail.

« Il ne cesse de chercher, d’inventer, là grattant le papier, ici utilisant un support plus brillant, enduisant parfois la surface d’une fine couche de cire. C’est pour ses travaux de petit format qu’on lui connaît l’inventivité la plus foisonnante dans une recherche constante de la spiritualité par la forme ».
(Catalogue de l’exposition Maurice Morel, Librairie l’Oeil de Mercure, Paris, 2010)